AIDE HUMANITAIRE POUR LE LIBAN

Priorité à l’envoi de lait infantile et de médicaments et à la scolarisation des enfants des familles en détresse.

Le bureau de l’Association réuni autour de François Fillon le 17 mars s’est préoccupé de la gravité de la situation au Liban où 80% de la population vit désormais au-dessous du seuil de pauvreté, où les libanais se battent pour survivre entre pénuries généralisées (électricité, carburant, médicaments…) et un coût de la vie inaccessible même pour la classe moyenne, les conséquences de la guerre en Ukraine risquant de conduire à la famine : Le Liban est, après l’Egypte, un des pays les plus dépendants de l’Ukraine et de la Russie en matière alimentaire, il importe 66 % de son blé d’Ukraine et 12 % de Russie.

Dans cette situation inquiétante pour le peuple Libanais et pour l’avenir du seul pays multiconfessionnel de la Région, l’Association continue de consacrer l’intégralité de sa collecte (hélas trop modeste) auprès des adhérents et donateurs à une aide directe à des associations de terrain particulièrement investies dans l’aide aux familles en détresse : Notamment le Groupe de bénévoles « Drames et Miracles » constitué après l’explosion du Port de Beyrouth par la paroisse Saint Maron, quartier dévasté où la situation ne cesse d’empirer économiquement et socialement, La Cuisine de Maryam, Association fondée par le Père Hani Tawk, près du port de Beyrouth et la Conférence Saint-Vincent de Paul à Zahlé, chef-lieu de la Bekaa.

En 2021, une aide financière à l’achat de lait infantile a été versée directement début juin à deux associations et notre don à « Drames et Miracles » de la paroisse Saint Maron a permis le règlement de la scolarité annuelle de 32 enfants.

Désormais, l’aide financière ne suffit plus à l’achat de lait infantile ou de médicaments car il n’y en a plus sur place ou à des prix inaccessibles : l’aide humanitaire la plus concrète se fait donc par une chaine de solidarité (transport de valises) à laquelle nous participons activement : Ainsi, nous avons pu faire parvenir la veille de Noël des médicaments et 140 kg de lait 1er, 2ème et 3ème Age. En février, l’association a acheté 250 kg de lait infantile et collecté des médicaments qui sont acheminés sur place au fil des déplacements des personnes de bonne volonté.

Le Président Fillon et le bureau ont également souhaité poursuivre l’aide à la scolarisation des enfants dont les familles sont en grande précarité.

Merci à tous pour votre mobilisation et merci à l’Association Alsacienne André Sévin AAS68 qui organise une vente aux enchères caritative aux profits des enfants du Liban, en partenariat avec APCO : Vous trouverez prochainement les informations pour y participer sur nos comptes sociaux ! @AgirPourLaPaixAvecLesChretiensdOrient (Facebook)- @AgirEnOrient (Twitter)

 

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Les activités 2020 et 2021 de l’Association présentées par François Fillon, Président

A l’occasion de l’Assemblée générale du 29 septembre 2021, le président François Fillon a rendu compte des activités de l’Association :

Il a rappelé la création du site internet fin janvier 2020 qui améliore la visibilité de l’association, permet à tous de suivre ses activités et oriente pour adhérer ou faire un don : agirenorient.org  

Il a ensuite évoqué les actions engagées en 2020 conformément aux objectifs prioritaires fixés :

« – Faire entendre la Voix des Chrétiens d’Orient : sensibilisation et mobilisation devant la situation inquiétante des pays du Proche Orient, encore aggravée par la crise sanitaire et la descente aux enfers du Liban :

– Mon message vidéo du 18 juin pour lancer un cri d’alarme et contribuer à la mobilisation européenne et internationale plus que jamais nécessaire ;

– Aussi souvent que possible, je m’efforce de porter la Voix des Chrétiens d’Orient et de promouvoir notre association : A l’occasion de mes déplacements internationaux, notamment au Moyen-Orient, d’interventions dans la presse comme dans l’Express en octobre 2020 « combattre l’islamisme », de participation à des conférences comme le 19 novembre à la rencontre « les accords d’Abraham » …

– Je rappelle que nos actions sont relayées par une diffusion sur notre site internet et sur les réseaux sociaux : notre page Facebook et notre compte twitter « Agir pour la Paix avec les Chrétiens d’Orient » @AgirEnOrient et j’invite nos adhérents à les suivre.

« – Actions de terrain :

1- Pour le LIBAN :

Après l’explosion dévastatrice du 4 Août au port de Beyrouth qui survenait dans un contexte déjà très difficile au Liban, nous avons décidé d’apporter une aide immédiate et concrète dans la mesure de nos moyens hélas trop modestes.

– Dés mi-septembre, grâce à un généreux adhérent, nous avons fait livrer un stock de médicaments de première nécessité et de compléments alimentaires au dispensaire des Sœurs du Bon Pasteur dans les quartiers pauvres du Nord de Beyrouth ;

– Le bureau de l’Association que j’ai réuni le 23 septembre a décidé le financement, via l’œuvre d’Orient qui a étudié les projets, de la réhabilitation de deux écoles chrétiennes francophones mixtes – c’est-à-dire accueillant toutes confessions- localisées dans des quartiers populaires touchés par l’explosion : L’école Saint Jean-Baptiste (quartier de Bouchrieh) : 248 élèves et l’école Saint Joseph (quartier de Bourj Hammoud) : 123 élèves ;

– En novembre nous avons pu effectuer un don complémentaire pour participer à la remise en état de l’école Saint Maron située dans le quartier dévasté de Bouchrieh, école qui accueille 60 élèves de familles pauvres.

2- Pour l’IRAK :

Le responsable Projets de l’Œuvre d’Orient nous a particulièrement signalé la situation de Batnaya, petite ville chaldéenne à 20kms au Nord de Mossoul qui a été entièrement détruite et ses 5000 habitants chrétiens ont été décimés ou déplacés. La reconstruction et le repeuplement de cette « ville fantôme » est un symbole pour rétablir la présence chrétienne dans la plaine de Ninive. Nous nous sommes associés au programme de travaux lancé par « Aide à l’Église en Détresse » en nous associant à l’œuvre d’Orient pour financer l’achat d’un bus notamment affecté au transport scolaire ».

« L’année 2021 a commencé dans le même contexte de crise sanitaire et de restrictions de possibilités de circulation et d’action : nous sommes efforcés de rester en contact avec nos adhérents et de poursuivre notre combat, avec les moyens qui sont les nôtres, dans les deux axes prioritaires fixés à notre Association

Faire entendre la Voix des Chrétiens d’Orient :

– Tribune « Notre besoin d’un Liban indépendant et pluraliste », publiée en février dans la Revue Politique et Parlementaire et sur notre site ;

– Tribune « Le voyage du Pape en Irak, magnifique symbole d’espoir pour les Chrétiens d’Orient » publiée en mars sur notre site ;

– Conférence devant l’association des étudiants de Sciences Po St Germain : « Promouvoir la paix au Proche Orient, l’engagement d’une ONG Française »

Les retombées de ces actions sont positives en termes de visibilité de l’Association et de sensibilisation à cette Cause : Diffusion sur le site internet de l’Association et les réseaux sociaux Twitter et Facebook, voire LinkedIn (chaque fois plus de 100.000 vues). Par ailleurs, la Conférence du 27 mai, où j’ai pu longuement évoquer la situation des Chrétiens au Proche Orient et alerté sur la gravité de la situation au Liban et ses conséquences géopolitiques, a été enregistrée sur YouTube et diffusée sur tous les sites des Instituts d’Etudes Politiques de France.

– Actions de terrain :

Compte-tenu de la situation dramatique au Liban, j’ai proposé au bureau que nous consacrions l’intégralité des dons collectés cette année à des dons humanitaires pour le Liban en ciblant des associations ou des actions de terrain où nous sommes surs que l’argent arrive directement aux destinataires. Je précise que plusieurs de nos membres ont des liens avec le Liban et nous ont fourni des informations précieuses : je remercie tout spécialement deux fidèles adhérentes ici présentes qui pourront intervenir tout à l’heure : Catherine Baumont, conseillère de l’œuvre d’Orient qui a fait partie du voyage du Pape en Irak et Carole Farjallah dont la sœur s’occupe du groupe « Drames et Miracles » dans un quartier dévasté de Beyrouth

Grâce à votre générosité, nous avons pu faire les dons suivants :

– Aide financière à l’achat de lait infantile (qui manque cruellement partout au Liban), versée directement début juin à deux associations dont le sérieux nous a été garanti :

L’Association Saint Vincent de Paul de ZALHE (capitale de la Bekaa – dernière ville chrétienne du Moyen Orient) et l’Association Arc en Ciel qui œuvre notamment à Beyrouth.

Il faut que vous sachiez que 5.000€ permettent de nourrir 500 nourrissons et bébés pendant 3 mois.

– Octroi de bourses pour la formation d’étudiants-infirmiers à la Fondation des Sciences Infirmières de Beyrouth (Université Saint Joseph) :

Cette formation de 10 infirmiers sera lancée à la rentrée car l’émigration massive des médecins et infirmiers (comme de l’élite libanaise en général), a terriblement fragilisé le système de santé qui était pourtant le meilleur du Moyen Orient !

Notre participation financera la moitié de cette opération, à parité avec l’Œuvre d’Orient qui la met en place.

– Don au groupe de bénévoles « Drames et Miracles » constitué après l’explosion du Port de Beyrouth par la paroisse Saint Maron, quartier dévasté où la situation ne cesse d’empirer économiquement et socialement (600 familles dans la plus grande pauvreté) : Notre don adressé directement la semaine dernière permettra l’achat des fournitures scolaires de 30 enfants pour la rentrée qui devait avoir lieu cette semaine.

« Chers adhérents, c’est grâce à vous et à de généreux donateurs que l’Association peut poursuivre son action mais les besoins sont immenses et la situation des Chrétiens d’Orient critique …

C’est du fond du cœur que je vous remercie de votre fidélité et de votre générosité mais nos moyens restent trop modestes : J’espère que des circonstances plus favorables nous permettrons de donner un élan à notre association en 2022 mais, vous le savez, la tâche ne m’est pas facilitée…

Je compte donc sur la mobilisation de chacun et chacune d’entre vous, sur votre capacité d’entraînement autour de vous, sur vos idées et propositions. »

*

Photos prises par nos adhérents :

le président était entouré des membres du bureau: Antoine Gosset-Grainville et Annie Lhéritier, vice-présidents, Arnaud de Montlaur, trésorier et François Vignalou, secrétaire .

Il a longuement échangé avec les adhérents au cours du verre de l’amitié qui a suivi l’Assemblée Générale

Rapport moral présenté par François Fillon, Président, à l’Assemblée Générale du 29 septembre 2021

Le Président François Fillon a longuement développé, devant des adhérents concernés et motivés, les raisons de son engagement et de l’existence de notre Association .


Après avoir souligné que l’Association « Agir pour la Paix avec les Chrétiens d’Orient » est une association d’intérêt général jeune puisqu’elle n’est véritablement entrée en action qu’en 2019 et qu’elle n’accueille des adhérents que depuis janvier 2020, il a rappelé les objectifs prioritaires qui guident nos actions (cf. page d’accueil de notre site).

Il a ensuite développé les raisons de son engagement et de l’existence de notre Association :

« Pour beaucoup d’entre nous l’irruption de l’Etat Islamique en Irak et au Levant a été déclencheur de notre engagement aux côtés des Chrétiens d’Orient chassés de leurs foyers quand ils avaient eu la chance de pouvoir fuir devant le danger mortel que représentait ce nouveau totalitarisme que j’ai qualifié d’islamique.

La chute de ce Califat établi sur les décombres de l’Irak en ruine après l’intervention américaine de 2003 et de la Syrie en proie à une terrible guerre civile, a fait retomber la pression médiatique et l’on pourrait penser que la situation des chrétiens d’Orient est aujourd’hui stabilisée.

Le voyage du pape en Irak est venu confirmer ce sentiment de même que le retour d’une paix très relative dans une grande partie de la Syrie.

S’il est incontestable que la menace immédiate d’un génocide a disparu avec la dispersion des forces de l’Etat Islamique, la situation des chrétiens d’Orient ne s’est pas réellement améliorée dans une région qui est plus déstabilisée que jamais.

Les crises se succèdent dans le monde et nous conduisent à détourner notre regard des plus anciennes au profit des plus récentes. Un drame en chasse un autre nous faisant perdre de vue l’essentiel.

Il y a aujourd’hui deux menaces principales sur l’ordre international :

La rivalité sino-américaine et la montée du totalitarisme islamique.

La compétition entre la Chine et l’Amérique pour la domination de l’économie mondiale va structurer les relations internationales pour les deux prochaines décennies.

Ce sera une compétition âpre, dangereuse, qui peut déboucher à tout moment sur un conflit généralisé.

Nous devons refuser cette logique de blocs et démontrer qu’il existe une autre voie que celles proposées par Washington et Pékin.

La seconde menace est celle du Totalitarisme Islamique.

Cette menace n’a pas disparu avec la chute du Califat établi en Irak et en Syrie par l’Etat Islamique.

Le retour brutal des Talibans en Afghanistan est là pour nous le rappeler.   Ce n’est pas un évènement secondaire !

Pourquoi ?

D’abord parce qu’il témoigne de notre impuissance occidentale à offrir des alternatives politiques réalistes, prenant en compte l’histoire, la culture et les traditions des peuples.

15 ans de guerre :

2200 milliards de dollars pour les US – 4 milliards de dollars pour la France.

110 000 morts afghans – 4000 morts pour la coalition menée par les américains.

Le résultat : Un château de cartes qui s’écroule en moins d’une semaine.       Il affaiblit considérablement la dissuasion militaire occidentale.

Sans cette dissuasion le nombre de conflits dans le monde ne pourra que croitre multipliant les étincelles qui peuvent à tout moment générer les conditions d’un embrasement généralisé.

Ensuite le retour des talibans constitue un formidable encouragement pour tous les mouvements qui combattent pour un Islam radical dans le monde.

C’est une victoire et comme toutes les victoires elle crée une dynamique.

Enfin le territoire afghan risque de redevenir une pépinière de combattants islamiques radicalisés et une base arrière pour le lancement d’attaques terroristes dans le monde.

Si on élargit le champ d’analyse en prenant un peu plus d’altitude :

L’islamisme radical est présent en Chine ou près de 4000 Ouïgours ont combattu aux côtés de l’Etat Islamique (versus 3000 occidentaux)

Des groupes islamistes radicaux opèrent aux Philippines, en Malaisie, en Birmanie, en Indonésie. Au Pakistan le pouvoir est de facto partagé entre le gouvernement et les islamistes radicaux. Le pays a d’ailleurs été la base arrière des talibans pendant l’occupation américaine malgré l’alliance existante entre Islamabad et Washington. (Le Pakistan détient l’arme nucléaire).

En Asie centrale la menace islamiste radicale reste très présente et le retour des Talibans au pouvoir en Afghanistan a conduit la Russie et les anciennes républiques soviétiques de la région à renforcer leur coopération en matière de sécurité. (Réunion en août de l’organisation du traité de sécurité collective)

Ces mêmes pays se sont également rapprochés de la Chine pour accroître leur collaboration dans la lutte contre l’islamisme radical. Un sommet s’est tenu la semaine dernière à Douchanbé au Tadjikistan en présence des pays d’Asie centrale mais aussi de la Russie et de la Chine.

Au Moyen Orient la seule lueur d’espoir est venue des accords d’Abraham qui laisse entrevoir une voie étroite et encore fragile de coexistence pacifique entre Israël et les pays arabes.

Pour le reste le tableau est sombre :

La Syrie est à terre, ruinée et profondément divisée par 10 ans de guerre civile.

L’Irak est une fiction.

Le Liban glisse lentement mais sûrement sous le contrôle iranien.

L’Iran s’est encore radicalisé (ce qui montre une nouvelle fois que les politiques de sanctions non seulement ne fonctionnent pas mais sont le plus souvent une cause de radicalisation)

La guerre au Yémen s’éternise.

L’Egypte ne doit son salut qu’à un régime autoritaire qui réduit les islamistes au silence mais avec le risque de voir ressurgir les contestations qui avaient conduit à la chute du président Moubarak.

La Libye est balkanisée. Sa situation sécuritaire se dégrade et les groupes radicaux, notamment l’Etat Islamique s’y développent dangereusement.

Dans la région du Sahel la lutte contre le totalitarisme islamique est dans l’impasse et la France a entamé un retrait progressif de ses forces qu’on ne peut guère lui reprocher mais qui signifie surtout après le retrait américain d’Afghanistan un aveu d’impuissance des occidentaux lourd de conséquence.

La Turquie d’Erdogan utilise l’islam radical pour accroître son influence au Moyen orient et rêve de reconstituer l’empire Ottoman.

La Tunisie et l’Algérie pour des raisons différentes restent des cibles stratégiques pour les islamistes qui chercheront à profiter de toutes les crises pour revenir en force.

Le Nigéria ne parvient pas à venir à bout de Boko Haram qui vient encore d’enlever une centaine d’élèves d’une école chrétienne et qui multiplie les attentats terroristes.

Enfin l’incapacité de l’Europe à maîtriser l’immigration et sa pusillanimité à combattre la montée de l’islam radical en fait un objectif de déstabilisation pour les mouvements totalitaires islamiques qui agissent à la fois par des actes terroristes et par le contrôle religieux d’une partie de la population musulmane engendrant des tensions et un cycle de réactions violentes dangereux pour nos démocraties.

Un tableau trop pessimiste ?

Je voudrais tellement qu’il en soit ainsi. Je cherche désespérément les signes d’un progrès durable sur le front de la lutte contre le totalitarisme islamique.

Les accords d’Abraham peuvent être interprétés comme le signe d’une évolution positive des monarchies du Golfe qui ont longtemps été les sponsors des terroristes islamiques, au prétexte de la lutte contre Israël, sont certes des signes encourageants. Mais ces monarchies sont aussi fragiles et leur sincérité doit encore être démontrée.

Dans ce contexte les Européens devraient profondément revoir leur agenda international et faire de la lutte contre le totalitarisme radical une priorité absolue.

Comment ?

En constituant l’alliance la plus large possible pour mener cette bataille existentielle. En faisant preuve de réalisme dans les relations internationales plutôt qu’en essayant d’imposer au nom des droits de l’homme des conceptions occidentales à des Etats et à des peuples qui n’ont pas encore fait le chemin que nous avons parcouru pour les adopter.

En s’engageant massivement pour sauver le Liban pluraliste qui ne sera bientôt plus qu’un souvenir : Aide financière d’urgence massive et pression sur l’Iran et l’Arabie Saoudite qui s’y livrent une guerre par procuration.

Comment faire pression sur l’Iran ?

Un grand pays relativement moderne avec une population éduquée qui aspire à des changements. Une situation qui fournit des leviers.

Une situation très différente de celle de l’Afghanistan.

La politique des sanctions dictées par les Américains a échoué. Elle n’a conduit qu’à la radicalisation du régime. Il faut donc en sortir en entamant une nouvelle phase de dialogue exigeant avec les Iraniens.

Une position commune avec la Russie sur ce sujet permettrait de renforcer considérablement notre position de négociation.

Enfin l’Europe devrait adopter une position unie et intransigeante sur la situation des chrétiens d’Orient. L’Europe doit faire comprendre aux gouvernements des pays musulmans que le maintien des communautés chrétiennes dans les territoires dont elles sont issues est une condition de la paix au Moyen Orient.

C’est l’objectif de notre association et j’espère pouvoir très vite quand j’en aurai fini avec les épreuves qui me sont encore imposées cette année, reprendre mon bâton de pèlerin pour aller convaincre en Europe et au Moyen Orient que nos civilisations qui ont beaucoup en commun sont menacées par la montée du totalitarisme islamique qui conduira tôt ou tard à des réactions violentes en Europe contre les communautés musulmanes parce que la violence engendre toujours la violence, l’intolérance et la bêtise. »

Continuons à nous mobiliser pour le LIBAN

Un an après les explosions au port de Beyrouth qui ont fait plus de 200 morts et 6500 blessés, les quartiers ravagés sont toujours en reconstruction grâce a la seule mobilisation des associations et d’une population à bout de souffle,  dans un pays traversé par la pire crise économique et politique de son histoire, dans l’indifférence mondiale. Une large partie de la population libanaise est tombée dans la pauvreté et ne survit que grâce à l’entraide et l’aide humanitaire: chute libre de la monnaie, hyperinflation, carburant et médicaments introuvables, pénurie de lait infantile… même l’électricité est devenue un luxe.

Dans ce contexte, François Fillon et le bureau de l’Association ont souhaité apporter une aide, hélas trop modeste, mais concrète et directe en consacrant la totalité des dons reçus au Liban :

  • Au financement de l’achat de lait infantile pour les 350 enfants de la société Saint Vincent de Paul de Zahlé, ainsi qu’au profit de l’Association Arc en Ciel à Beyrouth;
  • A l’octroi de bourses pour la formation d’étudiants-infirmiers à la Fondation des Sciences infirmières de Beyrouth : c’est une priorité car l’émigration massive des médecins et infirmiers a terriblement fragilisé le système de santé alors que le pays est très affecté par la crise sanitaire.

Mais les besoins sont immenses et les appels au secours nombreux: merci à tous nos adhérents et donateurs pour leur générosité passée, présente et a venir !

Et partagez avec nous la reconnaissance des familles de Zahlé       ↓


	

« Promouvoir la Paix au Proche-Orient » : François Fillon invité du pôle MEMO de Sciences-Po St-Germain-en-Laye

Notre président François Fillon était l’invité d’honneur de la conférence « Promouvoir la Paix au Proche-Orient : l’engagement d’une ONG française pour les Chrétiens d’Orient », organisée par le pôle MEMO de Sciences-Po St-Germain-en-Laye, le 27 mai à 18h30.

Au cours de cette conférence de haut niveau, il a répondu pendant plus d’une heure et demie aux questions des étudiants: les raisons de son engagement, les objectifs et les activités de son Association, la situation au Liban et le rôle de la France, sa vision du Moyen-Orient et du rôle de la communauté internationale… François Fillon a également lancé un appel à la générosité pour développer les activités de notre association et dans l’immédiat les actions projetées pour le Liban: l’achat de lait infantile qui fait cruellement défaut et la formation d’infirmiers a l’université de Beyrouth, tellement nécessaire dans la grave crise économique et sanitaire que traverse le pays.

Le voyage du Pape François en Irak, magnifique symbole d’espoir pour les Chrétiens d’Orient

Tribune de François Fillon :

Le voyage du Pape François en Irak est un magnifique symbole d’espoir pour les chrétiens d’Orient, pour l’Irak désintégré depuis l’intervention américaine de 2003, pour le Moyen Orient qui doit apprendre le chemin de la tolérance et de la coexistence pacifique pour retrouver la voie du développement et du progrès.

En se rendant en Irak le pape a d’abord eu le mérite de rappeler au monde le sort des chrétiens d’Orient oubliés de tous et d’abord des européens qui peinent à comprendre que la disparition de cette modeste communauté préfigure leur sortie de l’Histoire.

La persécution des minorités au Moyen Orient n’est pas un évènement nouveau mais là où les palestiniens reçoivent officiellement le soutien des pays arabes, les juifs celui des États Unis, les chrétiens d’Orient sont désespérément seuls. La France, l’Italie et l’Espagne qui devraient être leurs protecteurs n’osent guère altérer leurs relations avec le monde arabe en prenant leur défense. Pire, pour beaucoup de responsables politiques et de commentateurs sans culture historique, les chrétiens d’Orient n’ont plus leur place dans cette région parce qu’ils sont chrétiens et donc intrus en terre d’Islam. C’est oublier que leur présence y est plus ancienne que celle de la religion musulmane.

Certes la lutte contre l’Etat Islamique a permis pendant quelques mois de mobiliser les opinions en leur faveur mais cette lutte était initiée par les attentats sanglants perpétrés par ces totalitaires islamiques en Europe bien plus que par le sort des habitants de Mossoul ou de Karakoch.

Le dialogue du Pape François avec le grand ayatollah Ali Al Sistani sur cette terre irakienne où l’intolérance et la fureur semblaient avoir chassé toute trace d’humanité est venu rallumer l’espoir. Leurs échanges opposent un démenti cinglant à tous ceux qui instrumentalisent l’islam au service de leur projet politique totalitaire et rendent l’espoir à ceux qui ont foi dans le message pacifique, humaniste et profondément généreux qui est l’essence des religions.

L’accueil chaleureux et enthousiaste réservé au Pape, tant par les dirigeants irakiens que par les habitants des régions qu’il a visitées, donne la mesure de la force de l’église chrétienne dans le monde, bien loin de l’image qu’en véhiculent la plupart des médias occidentaux et encore plus loin des contre sens des dirigeants politiques qui voudraient croire que les religions appartiennent au passé et que le progrès de l’humanité passe par leur marginalisation dans une laïcité intransigeante.

Plus de deux mille ans après, le message du Christ reste vivant en Irak malgré des siècles de persécution comme il reste vivant en Russie après quatre-vingt ans d’effort du pouvoir soviétique pour l’extirper du cœur des russes ou comme il renaît timidement au cœur d’une Chine qui l’a combattu sans merci.

Puisse ce symbole inspirer les dirigeants européens pour qu’ils se mobilisent enfin pour assurer le retour des chrétiens d’Orient chez eux et leur permettre d’y vivre en paix. Le Pape François a restauré l’espoir mais c’est à la communauté internationale de prendre ses responsabilités au Liban comme en Irak où se joue le sort de la relation qui nous unit au berceau de notre civilisation et le rayonnement de nos nations dans le monde.

Notre besoin vital d’un Liban indépendant et pluraliste

Engagé depuis de nombreuses années en faveur de la cause des chrétiens d’Orient, François Fillon est convaincu qu’il ne peut y avoir de paix durable au Proche-Orient sans préservation de la diversité culturelle et religieuse. L’ancien Premier ministre et président de l’Association Agir pour la Paix avec les Chrétiens d’Orient plaide pour un Liban indépendant et pluraliste.

TRIBUNE de François Fillon dans la Revue Politique et Parlementaire

Écrire sur le Liban ? En avons-nous encore le droit, nous Français qui avons rangé au grenier de nos souvenirs et de notre grandeur fanée la relation spéciale, unique qui nous liait au seul pays au monde où « Islam et Chrétienté ont réussi une convivialité que ses institutions politiques favorisent » selon la formule du général de Gaulle ?

Car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque l’on célèbre le centenaire du Liban : du miracle cabossé que représente la coexistence des chrétiens, des sunnites, des chiites, des Druzes accrochés aux pentes du mont Liban comme à un refuge sans cesse menacé par le repli communautaire, sectaire, exclusif qui est désormais la règle au Moyen-Orient.

Certes, ces institutions politiques idéalisées par de Gaulle ont souvent failli. Elles n’ont pu éviter la terrible guerre civile qui ravagea le pays quinze ans durant et elles ont leur part de responsabilité dans la catastrophe terrible qui vient de ravager Beyrouth comme dans la crise économique et sociale profonde qui a conduit des dizaines de milliers de Libanais dans la rue en 2019 et 2020.

Mais bien plus que les institutions, ce sont les erreurs commises par la communauté internationale à l’égard du Liban et les errements des dirigeants politiques libanais eux-mêmes qui ont conduit à l’impasse angoissante dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays du Cèdre.

La faute initiale réside dans l’incapacité du monde à apporter une réponse juste à la question palestinienne. Le Liban en a payé le prix fort et les fondamentalistes islamiques y ont puisé le carburant qui les a conduits jusqu’à la poussée totalitaire incarnée par l’État islamique en Irak et au Levant. La question palestinienne est une plaie profonde qui rend impossible la construction d’une paix durable au Moyen-Orient. Le temps n’y fera rien. L’oubli n’existe pas pour les peuples sacrifiés. Les épreuves se sont ensuite enchaînées avec, dans le désordre, l’avènement de la République islamique en Iran, la dépendance de l’Occident au pétrole indispensable à son développement, l’échec des tentatives de laïcisation en Égypte ou en Turquie, la destruction de l’Irak et l’incapacité des Occidentaux à appréhender la crise syrienne. Bref, il semble que tous les éléments se soient ligués contre le malheureux Liban qui s’est recroquevillé sur ses clans impuis- sants à enrayer la chute de son économie et l’intervention grandissante de l’Arabie Saoudite et de l’Iran dans la vie du pays.

On me dira que le Liban est plus compliqué que cela et que je ne serai jamais en mesure d’en comprendre l’âme profonde et le mode d’emploi intime. Je ne le sais que trop pour avoir expérimenté très directement ces vérités multiples qui le caractérisent et pour avoir ressenti la même affection pour des leaders charismatiques que pourtant tout opposait.

Aussi mon propos à l’occasion du centenaire du Liban ne consistera pas à tenter de trouver et encore moins d’imposer des solutions à la crise libanaise que seul le peuple libanais pourra résoudre pour peu que la communauté internationale se dresse enfin pour le protéger des influences néfastes de ses voisins.

Non, je voudrais célébrer cet anniversaire en démontrant que le Moyen-Orient et au-delà l’Europe ont un besoin vital d’un Liban indépendant et pluraliste.

L’émergence de ce que j’appelle depuis longtemps déjà le totalitarisme islamique, dont les manifestations les plus spectaculaires ont été les attentats du 11 septembre 2001 perpétrés par Al-Qaïda et l’irruption de l’État islamique en Irak et au Levant, constitue une menace considérable pour une immense partie du monde. Il ne s’agit pas d’un phénomène marginal limité dans le temps et dans l’espace mais bien d’un mouvement profond qui n’a cessé de progresser depuis trente ans. Du Pakistan à l’Afrique occidentale, de l’Asie du Sud-Est aux banlieues européennes, les fondamentalistes qui dissimulent sous le voile de l’Islam un projet politique totalitaire aussi insensé que dangereux gagnent du terrain et accroissent leur emprise sur les esprits que la barbarie de Daesh ne semble pas décourager.

Le repli communautaire est désormais la règle au Moyen-Orient ou les États se définissent de plus en plus par leur appartenance religieuse exclusive. La première conséquence de ce durcissement sectaire est l’ostracisation systématique des chrétiens comme de toutes les minorités qui ne sont plus en sécurité nulle part à l’exception du Liban et de quelques États du Golfe. Cette situation porte en germe des affrontements multiples sous couvert de guerre de religion et promet à la région des décennies de violence et de souffrance. L’Europe et singulièrement la France ne pourront pas échapper aux conséquences politiques, économiques et sociales de cette situation.

L’imbrication de nos histoires, de nos cultures et de nos peuples nous rendent totalement dépendants et nous obligent à affronter ensemble cette menace totalitaire aussi absurde et aussi dangereuse que celle qui a marqué le vingtième siècle.

Au milieu de ce sombre tableau, une flamme vacillante brûle encore : celle d’un Liban multiconfessionnel ou l’irréparable séparation n’a pas encore eu lieu malgré les atrocités de la guerre civile, malgré les efforts des puissances voisines et malgré l’aveuglement de dirigeants dynastiques qui font penser à l’orchestre du Titanic.

C’est dire si l’envie de vivre du peuple libanais est plus forte, c’est dire si la cohabitation des communautés est possible, c’est dire si la survie du Liban est nécessaire.

Il y a donc un intérêt vital pour les Européens à sauver le Liban du désastre en lui apportant un soutien économique et financier d’urgence et en pesant de toutes leurs forces sur les puissances de la région pour qu’elles renoncent à en faire le théâtre de leurs affrontements. Mieux, pour qu’elles comprennent que leur avenir même se joue dans la survie ou la disparition du Liban pluraliste. Dans cet effort collectif inédit, l’Europe doit accepter le renfort de la Russie devenue un acteur incontournable dans la région et profiter du changement d’administration à Washington pour tenter d’infléchir une politique américaine qui n’a fait qu’accroître les tensions sans en résoudre aucune.

Le meilleur service qu’on puisse rendre au Liban, c’est de créer les conditions politiques, économiques et sécuritaires suffisantes pour que les Libanais soient réellement en mesure de régler eux-mêmes leurs problèmes sans intervention étrangère d’où qu’elle vienne, sans pressions aussi inutiles que contre-productives.

Je n’ignore pas l’extrême difficulté de cette voie, mais il n’y en a pas d’autre.

Cela passe par la prise en charge des réfugiés qui ont fui la Syrie et l’Irak. Cela passe par le sauvetage de la livre et la mise en place d’une politique massive de soutien pour relever l’économie du pays. J’entends qu’il faudrait conditionner cette aide à la mise en œuvre de réformes politiques profondes. C’est malheureusement une vue de l’esprit. Avant que la première de ces réformes ne produise quelques effets, le Liban aura implosé sous les coups de la crise économique et sociale et il sera submergé par la vague de sectarisme et d’intolérance qui monte de partout autour de lui.

Car derrière le combat pour le Liban se profile le combat pour le respect des minorités religieuses au premier rang desquelles les chrétiens d’Orient dont l’élimination est en marche, pour le respect des intellectuels qui n’oublient pas Averroès, pour le respect des femmes qui rêvent d’égalité, pour le respect des musulmans qui veulent s’affranchir des conflits religieux, pour le respect des juifs qui ne peuvent espérer la paix et la sécurité pour leurs enfants dans un Moyen-Orient radicalisé, pour le respect aussi des hommes de foi qui croient à la richesse du dialogue œcuménique.

Prendre le parti du Liban c’est prendre le parti de la diversité, c’est prendre le parti de toutes celles et tous ceux qui aspirent à une société plus tolérante et plus ouverte.

Et le jour où cette société s’éveillera, alors le spectre du choc des civilisations s’éloignera. Un nouveau départ s’annoncera entre l’Orient et l’Occident.

C’est un rêve diront les sceptiques ! Non, c’est un projet, et le Liban en est la clé.

Rapport moral présenté par François Fillon, Président, à l’Assemblée Générale de l’Association le 9 décembre 2020

Je souhaite rappeler l’objectif qui est celui de notre association que nous avons dénommée « Agir pour la Paix avec les Chrétiens d’Orient ».

Il y a dans ce titre un résumé parfait de l’objectif que nous nous sommes fixé.

Il s’agit d’agir et pas simplement de se contenter de commenter. Il s’agit d’agir pour la paix avec les chrétiens d’Orient.

C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de soutenir les chrétiens d’Orient contre tous les autres, il ne s’agit pas de défendre les chrétiens d’Orient simplement parce que nous en sommes proches par nos convictions, religieuses, culturelles mais il s’agit de défendre une question absolument fondamentale pour la paix du monde et en particulier pour la paix du Moyen-Orient qui est le respect de la différence, qui est la coexistence pacifique des religions, des communautés…

 

Les activités 2019 et 2020 de l’Association présentées par François Fillon, Président

A l’occasion de l’Assemblée Générale du 9 décembre 2020, François Fillon a rendu compte aux adhérents des activités des années 2019 et 2020 et a décrit les actions concrètes qui ont été conduites dans le cadre des objectifs prioritaires que s’est fixés l’Association : Colloque « Construire la Paix au Proche Orient par la promotion de la diversité culturelle et religieuse » , dons pour des actions sur le terrain : Collège de Qaraqosh (Irak), Hope Center d’Alep (Syrie), réhabilitation de trois écoles dévastées par l’explosion à Beyrouth …

 

Dons pour Beyrouth : Réhabilitation de deux écoles endommagées par l’explosion du 4 Août

Devant le bureau de l’Association qu’il a présidé le 23 septembre, François Fillon a rappelé la situation très préoccupante de l’ensemble des écoles chrétiennes francophones du Liban, ainsi qu’il le soulignait dans son appel du 18 juin dernier, cette situation ayant été aggravée par l’explosion du 4 Août à Beyrouth qui a endommagé 163 établissements, privant d’école un enfant sur quatre de la ville.

Il a souhaité que l’Association participe aux efforts de reconstruction engagés et décidé de prendre en charge, via l’œuvre d’Orient, les projets de réhabilitation de deux écoles situées dans deux quartiers pauvres de la banlieue Nord de Beyrouth : l’école SAINT JEAN-BAPTISTE (248 élèves dans le quartier de Bouchrieh) et l’école SAINT-JOSEPH (123 élèves dans le quartier de Bourj Hammoud) (photos ci-dessous).

Ce sont deux écoles mixtes qui accueillent des élèves chrétiens et musulmans dans la tradition du réseau des écoles chrétiennes francophones du Liban, piliers d’une éducation de qualité ouverte aux élèves de toutes confessions et de tout milieu social, vecteur de défense de la francophonie et  des valeurs de fraternité dans le seul pays de la Région encore porteur d’une totale liberté religieuse et culturelle.

C’est grâce à la générosité de nos adhérents et donateurs que nous pouvons apporter immédiatement notre pierre à cette reconstruction, mais le chantier est immense… Merci à tous et continuons à nous mobiliser pour Beyrouth et pour « Agir pour la Paix avec les Chrétiens d’Orient ».