Après avoir exprimé son plaisir et son émotion de retrouver l’abbaye de l’Epau, lieu symbolique pour traiter de la question des chrétiens d’Orient, François Fillon a dressé un tableau particulièrement préoccupant de la situation des chrétiens au Moyen Orient et au-delà, avant de souligner avec force que la cause des chrétiens d’orient constituait pour la France et l’Europe une obligation morale, humanitaire et politique :
« Les chrétiens d’Orient sont chez eux au moyen Orient. Pourtant ils sont en train de disparaitre de la région, chassés par l’islam qui ne tolère pas la présence d’une autre religion que la sienne. Un phénomène d’ampleur en violation des droits de l’homme et du droit international »
Etat des lieux de la situation en 2026 dans chaque pays :
En Egypte, où les 10 millions de Coptes constituent la plus importante communauté chrétienne, régulièrement menacés, discriminés, victimes de violences sporadiques mais protégés tant bien que mal par le régime du Marechal Sissi.
Au Liban, deuxième communauté chrétienne au Moyen Orient, la seule qui soit au pouvoir qu’elle partage avec les sunnites, les chiites et les druzes dans une organisation fragile et menacée par les déséquilibres démographiques. Pays où François Fillon s’est rendu à de nombreuses reprises, pays martyr où se défoulent les puissances voisines : L’Iran et Israël après la Syrie et l’Arabie Saoudite.
Il souligne le risque de disparition des chrétiens au sud Liban où il se trouvait le 14 juillet pour rencontrer les élus, les prêtres et les habitants. Au milieu de villages en ruine, leur courage et leur volonté forcent l’admiration et font briller une lueur d’espérance.
Mais la situation du Liban est inquiétante, la démographie et la mauvaise gouvernance risquent de sonner la fin des chrétiens au Liban.
En Syrie : Deux millions de chrétiens avant la guerre civile de 2011, quelques centaines de milliers aujourd’hui en grand danger : Églises et symboles chrétiens attaqués (juin 2025 attentat contre une église grecque orthodoxe à Damas 20 morts et plus de 50 blessés), des actes de harcèlements de plus en plus fréquents, des assassinats et des enlèvements par des groupes armés.
Le nouveau régime d’Ahmed al Sharaa est certes adoubé par les chancelleries occidentales et singulièrement par le président Macron et l’aveuglement de la diplomatie française.
Mais dans les faits, le nationalisme arabe de l’époque de la famille Assad est remplacé par l’identité islamique qui exclut de facto les chrétiens les druzes et le alaouites sans parler des juifs qui ont été nombreux en Syrie et qui ont complètement disparu.
François Fillon cite l’exemple des manuels scolaires : dans un manuel de 3°, la mission éducative est présentée comme une préparation au service de la religion et de la communauté musulmane et Israël y est toujours présenté comme l’ennemi à détruire
En Irak : 1,5 millions en 2003 avant la guerre contre Sadam Hussein, moins de 200 000 aujourd’hui.
Le tournant : 2014 et l’Etat islamique qui envahit Mossoul et la plaine de Ninive ou vivent de nombreux chrétiens, des crimes horribles qui s’apparentent à un génocide.
François Fillon rappelle ses visites à Erbil en 2014 puis en 2016 et souligne qu’aujourd’hui les exactions contre les chrétiens continuent : terres confisquées, agression par des milices liées aux forces de mobilisation populaires, exclusion des institutions politiques, attaques contre la liberté religieuse. Les chrétiens sont aujourd’hui en voie de disparition, comme les juifs avant eux.
En Jordanie : Les chrétiens ont conservé leurs églises et leurs écoles. Ils ont une représentation politique.
En Israël : Une nombreuse communauté de chrétiens palestiniens qui connaissent des actes de harcèlement, des discriminations et des agressions en particulier en Cisjordanie. Et les chrétiens sont chassés de Jérusalem.
En Libye : 35 000 chrétiens victimes d’arrestations arbitraires d’agressions, d’enlèvements et d’entraves au culte. En février 2015, 21 coptes ont été exécutés sur une plage par l’Etat Islamique. En avril 2025 : 10 chrétiens on été condamnés à des peines de prison en raison de leur appartenance religieuse…
Au Sahel : Attaques de groupes djihadistes. Destruction d’église au Burkina Fasso, au Mali et au Niger. Au Tchad communauté importante dans le sud menacée autour du lac Tchad.
Au-delà du Moyen Orient vers l’Est la situation n’est pas plus favorable aux chrétiens : François Fillon cite les exemples de l’Afghanistan et du Pakistan.
D’où le constat : « Une triste réalité : Il ne fait pas bon être chrétien en terre d’Islam.
« Cette intolérance de l’Islam à l’égard des autres religions ne peut que conduire à la violence et à la guerre.
La défense des chrétiens d’Orient par les européens est inexistante ou se limite à de l’aide humanitaire et à des discours sans effet.
Pourtant la cause des chrétiens d’orient est pour la France et l’Europe une obligation morale, humanitaire et politique :
« Une obligation morale, car on est en train d’assister à l’élimination radicale des chrétiens en Orient.
C’est contraire à nos valeurs et au droit international tellement mis en avant au sujet de la guerre en Ukraine et c’est une faute de l’Europe : appliquer ses valeurs et le droit international à géométrie variable.
Cette attitude a des conséquences : La coagulation des adversaires de l’Europe et de l’occident avec les BRICS, la lutte pour la domination du monde, la revanche du Sud, l’affaiblissement de l’Occident qui n’est même pas capable de défendre des valeurs et ses intérêts.
« Une cause humanitaire car beaucoup sont aujourd’hui dans le plus grand dénuement.
François Fillon souligne le travail remarquable accompli par l’œuvre d’Orient et présente les actions d’APCO sur le terrain : Aides aux écoles au Liban, Soutien de la cuisine de Maryam à Beyrouth, formation d’infirmiers et de cadres indispensables à la survie des communautés chrétiennes, envoi de médicaments et lait infantile…
« Une obligation politique : Car cette situation comporte des risques majeurs pour la paix dans le monde et des risques de guerre civile dans plusieurs pays européens dont la France.
François Fillon expose le danger des états confessionnels : Chiites, Sunnites Juifs qui impliquent l’exclusion des autres religions et conduisent à la violence et à la guerre.
Il souligne combien l’Europe est en situation de faiblesse dans le monde face à la Chine et à la montée du totalitarisme islamique.
Et conclut :
« L’absence de soutien aux chrétiens d’orient est un message d’abandon et de faiblesse.
Si vous n’êtes pas capable de défendre vos frères cela signifie que vous avez renoncé à défendre vos valeurs.
C’est que vous avez renoncé à vous défendre tout simplement.
Aidez-moi à porter ce message. »




