« Je me suis entretenu ce matin avec monseigneur AUDO, l’évêque de l’église catholique chaldéenne d’Alep en Syrie.
Il m’a confié son espoir de voir la Syrie respecter les libertés individuelles et religieuses et ses craintes devant la montée visible d’un totalitarisme islamique qui menace l’existence même de la communauté chrétienne pourtant enracinée dans les origines du pays.
Si le nouveau régime multiplie les signes d’ouverture et s’inscrit dans le sillage de ses nouveaux parrains américain, turc et saoudien, les violences contre les Alaouites et les Kurdes, la séparation des hommes et des femmes à l’université, la référence de plus en plus prégnante à la charia laissent présager un avenir sombre pour les minorités et au premier rang d’entre elles les chrétiens.
Fidèle aux valeurs de l’église catholique, monseigneur Audo prône pourtant la patience et la neutralité des chrétiens dans le débat politique syrien. Il espère dans le développement des écoles chrétiennes qui accueillent des milliers d’enfants musulmans et dans les services de santé rendus par les chrétiens dans un pays dévasté pour conforter la place des chrétiens dans la nouvelle Syrie.
Sa foi force l’admiration et me conduit malgré mes extrêmes réserves sur la sincérité des nouveaux dirigeants syriens à appeler au renforcement de l’aide aux chrétiens en Syrie. Agir pour la paix avec les chrétiens d’orient https://agirenorient.org est mobilisée pour aider à la reconstruction des écoles et au développement des formations de techniciens et de cadres.
J’en appelle aussi au gouvernement français pour la réouverture du lycée français d’Alep fermé depuis le début de la guerre civile.
La défense des chrétiens d’Orient qui symbolisent les origines de notre civilisation est un devoir pour la France et doit être un préalable à toute coopération avec le pouvoir syrien. »
François FILLON